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Pseudo-kyste mucoïde digital

 

Présentation de l’Institut Français de Chirurgie de la Main spécialisé dans les pathologies de la main – IFCM

 

Qu’est ce qu’un kyste mucoîde ?

Les pseudokystes mucoïdes digitaux développés en regard de l’articulation interphalangienne distale posent peu de problèmes diagnostiques.

Ils apparaissent chez un adulte sous la forme d’une petite tuméfaction para-articulaire dorsale, dure, froide, recouvert de peau translucide.

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Certains sont inapparents à l’extérieur de la peau et ne sont devinés que par la présence d’un sillon unguéal en regard de leur siège. Cette déformation peut d’ailleurs apparaître avant la bulle transparente. Le kyste est situé dans le recessus unguéal proximal et comprime la matrice qui souffre dessinant ainsi cette rigole.

Dans la plupart des cas ces kystes sont reliés à l’articulation I.P.D par un pédicule.

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L’arhrose de l’articulation I.P.D est associée dans 75% des cas et explique l’apparition de la lésion cutanée.
L’age de survenue moyen se situe vers 60 ans, plus souvent chez la femme. Les trois premiers doigts sont les plus touchés et en particulier le majeur.

 

Quels sont les symptomes ?

La plupart du temps la lésion n’est pas douloureuse. La consultation est motivée par l’apparition et l’augmentation de volume du kyste, du sillon unguéal présent dans 30% des cas.
La fistulisation du kyste n’est pas rare et qu’elle soit la conséquence d’un geste qui se veut thérapeutique ou spontanée le risque majeur est la contamination bactérienne et donc l’arthrite, puisque le kyste est relié à l’articulation.

Quels sont les examens complémentaires utiles ?

La radiographie standard de face et de profil strict va montrer un pincement articulaire dans 15% des cas, un ostéophyte latéral dans prés de 40% des cas, voire une dislocation articulaire de face dans certains cas. Ces signes sont directement en rapport avec le processus arthrosique.

Quel est le traitement ?

De nombreux traitements ont été rapportés dans la littérature, allant de l’abstention, ponction, infiltration, neige carbonique, radiothérapie…mais eule la chirurgie a fait l’objet d’études d’évaluation précise.

Le protocole chirurgical doit être minutieux et large pour eviter la récidive.

  • excision cutanéo-kystique en totalité
  • excision des ostéophytes articulaires dorsaux
  • excision de la capsule articulaire pathologique en protégeant le tendon extenseur fragile dans cette zone.
  • Lavage articulaire et synovectomie intra-articulaire
  • Couverture de la perte de substance cutanée par une greffe de peau totale ou par un lambeau local de rotationLa cicatrisation demande environ 2/3 semaines et le résultat cosmétique est acquis à 3 mois.

Quels sont les risques spécifiques ?

Le traitement chirurgical doit être large pour être efficace mais il doit veiller à protéger l’extenseur pour éviter une chute de la phalangette qui peut cependant naturellement se produire si les ostéophytes étaient très volumineux. Le risque de récidive grâce à ce type de triatement est désormais autour de 2%
L’arthrose continuera à évoluer pour elle-même et l’émondage articulaire réalisé per-opératoire n’a pas d’influence sur les lésions articulaires dégénératives. L’enraidissement progressif du doigt n’est donc par en rapport avec la chirurgie.

 

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